Cela fait maintenant 24 ans que le festival La Route du Rock a vu le jour et réunit toujours plus de festivaliers, jeunes et moins jeunes, dans la petite ville de Saint-Malo, en Bretagne. Chaque année, le festival propose une « collection » hiver et une « collection » été au style plutôt éclectique (rock, pop, électro, techn-house, trip hop…). Qu’en est-il de la collection été 2014? Verdict avec ce mini-reportage de Lucile, jeune habituée des festivals, qui s’est rendue du 14 au 16 août à cette 24ème édition.

Soir 1: Darkside fait oublier la pluie

Le cadre du festival

C’est bien chargés et les pieds dans la gadoue que nous arrivons – moi et 4 amis – jeudi 14 août à la route du rock, en début de soirée. Après avoir manqué de se casser la figure une bonne dizaine de fois, nous avons enfin pu trouver un petit coin où installer nos tentes. Le camping, ouvert depuis mercredi soir, est déjà rempli de festivaliers tous recouverts de boue et de tentes agglutinées les unes sur les autres. Collés à l’allée goudronneuse il semblerait qu’on ait finalement eu une des meilleures places! On oublie très vite la fatigue du voyage et de notre long périple boueux grâce à une ambiance chaleureuse et conviviale dans tout le camping!

Installés tard, et principalement intéressés par la scène électronique, on décide de se diriger vers les concerts pour découvrir Caribou et Darkside, un des concerts que nous attendons le plus. Le site du Fort Saint-Père comprend une petite, une grande scène et de nombreux stands commerciaux et de nourriture (les hamburgers sont délicieux au passage). Il est assez grand pour ne pas se sentir trop à l’étroit et permettre aux quelques 26 000 festivaliers d’accéder aux toilettes ou au bar sans devoir faire la queue pendant des heures. Par rapport à d’autres festivals où c’est bien pire, c’est appréciable. Ce qui est moins sympa c’est la grande étendue de boue dans laquelle on doit constamment se déplacer.

Caribou

Ne connaissant qu’une ou deux chansons du groupe Caribou, je découvre le reste pendant le concert, et c’est plutôt une bonne surprise! Le public est plutôt emballé, et le groupe parvient à allumer le dancefloor boueux (c’est précisément là qu’on est content d’avoir des bottes de pluie). Par moment, certaines sonorités électro pop me rappellent un peu Metronomy, ce qui n’est pas pour me déplaire. Dommage cependant que la voix du chanteur se laisse dominer par la musique…

Darkside

Il est 2h40, et après une bonne trentaine de minutes d’attente à jouer dans la boue, tout le monde attend impatiemment l’arrivée sur scène de Nicolas Jaar et Dave Harrington, pour découvrir leur projet « Darkside ». Le concert commence avec une intro très hypnotique et plonge directement le public dans l’ambiance malgré la pluie. Les yeux fermés on oublie le mauvais temps et on se laisse bercer par les sons électro de Nicolas Jaar qui se marient magnifiquement bien aux sonorités blues et funk – parfois hurlantes – de la guitare du très talentueux Dave Harrington. Darkside nous fait voyager très loin… Peut-être à mi-chemin entre l’espace et un univers proche des Pink Floyd – en même temps avec un tel nom, on ne pouvait que s’y attendre. Une énorme claque visuelle et sonore pour nous, et sans doute un des meilleurs concerts de ma vie. Ravie d’avoir pu les voir avant qu’ils n’arrêtent le projet (eh oui, c’est fini…).